Franck BOISSIER

Conseiller municipal délégué de Montreuil-sous-bois

Pour une gauche radicale et concrète

Les intermittent-e-s du spectacle un point essentiel pour le bonheur de tou-te-s

Mon intervention au Conseil Municipal de Montreuil du 26/06/14

Monsieur le Maire, chère Alexie (adjointe à la culture), cher-e-s collègues, mesdames et messieurs. Avec mes camarades du Parti de Gauche nous nous associons bien entendu pleinement à cette initiative d’adhésion au dispositif national des cafés-culture. Celui-ci à la fois utile pour l’encadrement des pratiques amateurs dans le cadre non lucratif, il est aussi pour nous un bon vecteur quand à la nécessité de soutenir l’emploi artistique, aussi bien dans les bars que dans les petits lieux. Il permet de donner une offre culturelle supplémentaire à notre ville.

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Les mensonges du débat sur le coût du travail

Le Medef a lancé depuis quelques jours une nouvelle offensive contre le coût du travail, en prétextant l’écart de compétitivité de la France face à l’Allemagne. Immédiatement relayée par le gouvernement, cette attaque vise le financement de la protection sociale en suggérant une baisse du coût du travail de 10 à 15 milliards d’euros, qui serait compensée par des hausses de CSG et de TVA. La droite fait ainsi une nouvelle tentative pour imposer la TVA sociale dont nous avions décrypté la menace dans un précédent petit courrier.

Les milliards perdus de la baisse du coût du travail

Dans ce débat, le patronat passe sous silence que les entreprises bénéficient déjà de plus de 30 milliards d’euros par an d’exonérations de cotisations sociales. L’efficacité pour l’emploi de ces exonérations a été mise en doute par de nombreux rapports, notamment de la Cour des comptes. D’autant qu’elles bénéficient principalement (pour prés de 70 % de leur coût) au secteur des services, qui est beaucoup moins exposé aux écarts de compétitivité que l’industrie.
Le patronat se tait aussi sur les 172 milliards de niches fiscales dont bénéficient les entreprises selon la Cour des comptes, dont 65 milliards rien qu’en réductions d’impôt sur les sociétés.

Des écarts de coût du travail à relativiser

Le patronat brandit le coût horaire de la main d’œuvre plus important en France qu’en Allemagne. En réalité, cette moyenne cache des disparités selon les secteurs :

  • – à fin 2009, dans l’industrie manufacturière, la plus soumise à concurrence, le coût horaire du travail français restait inférieur (33,8 euros) au coût allemand (35 euros)
  • la statistique du coût horaire mérite d’être pondérée par la productivité horaire : celle des travailleurs français est parmi les plus élevées au monde. En 2007, rapporté à l’unité produite, c’est-à-dire en réintégrant la productivité, et par rapport à une base 100 dans la zone euro, le coût du travail était de 83,75 en France, contre 96,33 en Allemagne.

L’Allemagne n’est pas un modèle économique et social à imiter

Le creusement de l’écart de compétitivité entre la France et l’Allemagne est surtout lié à des évolutions allemandes plus qu’à une dégradation de la situation française :

  • l’Allemagne a réduit son coût du travail au détriment des salariés (baisse de salaires, hausse de la TVA) et de la protection sociale (diminution de l’assurance chômage, des retraites etc) : cette politique menace la productivité des travailleurs allemands et donc in fine la compétitivité.
  • l’Allemagne exporte plus car elle est spécialisée sur les biens d’équipement intermédiaires dont elle inonde les économies émergentes via un réseau de PME, alors que la France exporte principalement des grands équipements pour des volumes nettement moins importants
  • – dans l’Union européenne, il n’y a que l’Allemagne et l’Italie où le coût du travail a progressé moins vite qu’en France. Partout ailleurs, notamment au Royaume Uni, le coût du travail progresse plus vite qu’en France.

La politique allemande de réduction du coût du travail a comprimé sa demande intérieure. Etendue à l’ensemble de l’Union européenne, cette politique de compression des coûts (avatar de la désinflation compétitive qui avait fait la force du Mark) serait un désastre pour l’activité économique et plongerait le marché intérieur en récession.