Franck BOISSIER

Conseiller municipal délégué de Montreuil-sous-bois

Pour une gauche radicale et concrète

EXPRESSION DES ELU-E-S DU PARTI DE GAUCHE MONTREUIL SUITE AU CONSEIL MUNICIPAL DU 15 JUIN 2016

Comme toutes les collectivités, le budget de la ville de Montreuil connaît une saignée inédite. La baisse des dotations due par l’état à notre commune est la conséquence directe du pacte de responsabilité et du CICE décidés par le gouvernement. Ces décisions visaient, comme le demandait le MEDEF, à baisser la fiscalité des entreprises tout en affichant une stabilisation des impôts sur le revenu. Ces cadeaux faits au MEDEF devaient permettre selon Pierre Gattaz de créer 1 million d’emplois. On sait maintenant que ces baisses ont surtout permis d’augmenter les rémunérations des grands patrons et alimenter spéculation et dividendes. L’État aurait pu financer directement ses cadeaux au CAC40, il lui aurait suffit de ne pas volontairement se lier les mains en choisissant de respecter la règle imaginaire des 3% de déficit imposée par les libéraux européens, mieux il aurait pu investir ces milliards dans un projet social et écologique. Mais le Président en cédant sans combattre à la volonté du gouvernement allemand s’est coupé toutes possibilités de résistance et de changement d’orientation de la politique d’austérité déjà engagée par le gouvernement Sarkozy.

Les conséquences sont brutales pour les collectivités. Beaucoup d’entre elles ont simplement augmenté la fiscalité locale. C’est le cas de Toulouse (+11%) pour la taxe d’habitation, +13% pour le foncier bâti ou Lille +23% pour le foncier ou même pour une ville qui ressemble à la nôtre +11% pour Saint Denis… A Montreuil les cabinets d’expert nous proposaient une augmentation de 27% pour compenser la baisse des dotations au regard, selon eux, de la faible imposition locale dans notre ville. Ce n’est pas le choix que nous avons fait.

Ces données sont tirées d’un article du Figaro que l’on peut difficilement qualifier de proximité avec notre municipalité. Bien entendu il y aurait beaucoup à dire sur l’injustice des impôts locaux non indexés sur les revenus et de leur conséquences pour les plus modestes qui sont nombreux à Montreuil.
D’autres villes ont fait le choix de privatiser une partie plus ou moins importante de leurs services publics notamment dans les villes passées à droite dans lesquelles les politiques sociales, de santé, de jeunesse ou culturelle paient un lourd tribut. Même dans une ville comme Grenoble, pourtant étendard de la victoire possible aux municipales d’une alliance PG/verts et citoyenne, la baisse des dotations contraint la ville à redéfinir sa politique en se concentrant sur la proximité au détriment de grands projets à dimension régionale ou nationale.

Notre équipe municipale a fait le choix de ne pas alourdir la fiscalité locale, pour la 2e année consécutive, conformément aux engagements de campagne de ses différentes composantes (mais ne sachant pas encore ce à quoi nous serons contraints de décider en 2017). Ce choix, assumé en plus de celui de maintenir un niveau d’investissement important mais nécessaire au regard de son dynamisme, nous imposait de trouver d’autres solutions.

Logiquement, c’est dans les dépenses les plus importantes qu’il fallait trouver des sources d’économies. L’histoire montreuilloise fait que les dépensés liées à la masse salariale représentent 68% des dépenses de fonctionnement. On peut se réjouir d’avoir un service public puissant composé d’agents investis dans leurs missions. Mais en y regardant de plus près, on constate que la précarité est anormalement élevée parmi les agents. C’est ce constat qui a conduit à faire le choix de titulariser un plus grand nombre d’agents (80 au lieu de 50). Mais c’est sans gaité de cœur, que la solution retenue pour y parvenir à été de revenir sur des mesures locales comme la fin de la prime d’installation ou le congé du maire. On ne peut pas se réjouir de la fin de ces avancées qui auraient du devenir une norme des services publics locaux. Cependant après une année à chercher d’autres solutions pour conserver un service public de qualité, assumer les priorités pour la jeunesse, la culture et l’amélioration des espaces publics, à maintenir les centres municipaux de santé, à continuer à compenser la déliquescence des services publics qui relèvent de la compétence de l’État ou du département, c’est ce choix que nous avons fait. D’autres pistes sont d’ores et déjà explorées, comme la baisse des indemnités d’élu votée en avril, ou encore avec la recherche de ressources nouvelles, la réorganisation d’un certain nombre de services pour plus d’efficacité avec des conditions de travail et de rémunérations améliorées, mais ces solutions ne pourront aboutir sur le court terme.

Bien sûr, nous comprenons les interrogations des camarades, des militantes et des militants qui ont permis la victoire d’une liste menée par le Front de Gauche, mais la situation financière que la ville doit affronter est inédite !

Voilà ce qu’oblige à faire l’austérité du gouvernement et les cadeaux au grand patronat, contraindre les majorités des collectivités territoriales à mettre en œuvre des politiques budgétaires pour lesquelles elles n’ont pas été élues et prendre le risque de réduire progressivement le service rendu à la population.

Dans notre ville ancrée à gauche, qui a l’habitude des débats intenses sur tous les sujets, il n’y avait pas besoin de celui-ci pour que chacune et chacun prenne des positions de principe. Malheureusement ces débats laissent également la place à toutes les exploitations politiciennes de la situation.

Il y a-t-il d’autres villes ou les représentants de la droite et du centre font des communiqués communs avec des oppositions qui se réclament de la gauche ? Il y a-t-il d’autres villes dans laquelle une élue régionale de droite, vice-présidente et porte parole de Valérie Pécresse, pose avec les drapeaux de la CGT et de la CNT après l’envahissement du conseil municipal?

Peut-être faut-il aussi répondre à celles et ceux qui alignent les «  y’a qu’à faut qu’on » qu’une ville ne peut voter un budget en déséquilibre sous peine de livrer la ville au représentant du gouvernement que par ailleurs ils et elles disent combattre. Il faut aussi assumer que faute de prendre des décisions maintenant, ce sont des services entiers qui n’auront plus les moyens de remplir leurs missions.

On peut regretter que la monarchie républicaine permette que les pouvoirs du pays restent concentrés dans les mains d’un président et d’un gouvernement ayant tourné depuis longtemps à ses engagements et devenu hyper-minoritaire.

D’autres batailles, à l’échelle nationale et européenne vont devoir être menées victorieusement pour permettre aux communes de retrouver les financements qui leur sont dus. C’est vers ces objectifs que nous devrions, ici à Montreuil, une ville qui vote à chaque échéance électorale pour les  candidat-e-s se réclamant de la gauche sociale et écologique, concentrer nos efforts au lieu de nous déchirer localement à coup de déclarations définitives.

Nous, élu-e-s du Parti de Gauche, assumons les solutions retenues pour garantir un service public pour tous et toutes, nous assumons la volonté de sortir de la précarité celles et ceux qui au quotidien font vivre ces services.

Nous savons que celles et ceux qui ne se résignent pas à l’austérité imposée à notre ville (et la plupart des habitant-e-s de ce pays) par un gouvernement au service d’une oligarchie, se retrouveront le moment venu.

Les élu-e-s du Parti de Gauche se mettront au service de ceux et celles qui plus qu’insoumis-e-s auront pour objectif de soumettre enfin la finance à l’intérêt général humain social et écologique.

Laurent ABRAHAMS, maire-adjoint à la propreté et la voirie.
Franck BOISSIER, conseiller délégué à la promotion des services publics et au dialogue social.
Riva GHERCHANOC, maire-adjointe à la santé, à l’égalité femmes/hommes, à la lutte contre les violences faites aux femmes et à la lutte contre les discriminations.

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