Franck BOISSIER

Conseiller municipal délégué de Montreuil-sous-bois

Pour une gauche radicale et concrète

Mon discours devant l’UCR qui fête les 120 ans de la CGT.

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Mesdames, Messieurs, les diffuseurs de « Vie Nouvelle » ;

Je tenais en préambule à excuser auprès de vous, Patrice Bessac, maire de Montreuil, qui m’a chargé de vous saluer et de le représenter aujourd’hui, en tant qu’élu en charge du lien avec les organisations syndicales. Et c’est pour moi un honneur tout particulier en tant que syndiqué d’intervenir devant ma famille syndicale.

Du départ de la manifestation unitaire contre les ligues factieuses du 12 février 1934, à la présence d’un Benoît Frachon citoyen de Montreuil plus de trente années durant ;

De l’élection de premiers magistrats tels que Daniel Renoult, secrétaire et compagnon de route de Jean Jaurès, et Marcel Dufriche, ou que l’on évoque sur notre territoire la présence du siège de la CGT;

De longue date la ville de Montreuil partage une histoire faite de proximité et d’intimité avec le mouvement ouvrier !

C’est donc tout naturellement que la ville de Montreuil est heureuse d’avoir pu apporter son concours à l’organisation de cette belle rencontre des diffuseurs de « Vie Nouvelle ».

Votre présence nombreuse – je crois avoir entendu le chiffre 500 militantes et militants réuni-e-s aujourd’hui – démontre au patronat, comme à tous ceux qui seraient tentés de croire le contraire, que l’engagement militant et syndical conserve tout son sens au-delà de l’activité salariale.

Samedi dernier, au marché des Ruffins à Montreuil, une fringante retraitée de 75 ans a refusé le tract que je lui tendais, avec une forme d’incompréhension totale, comme si elle se sentait en marge du champ social et politique. Cela m’a profondément désolé…

Comment pourrait-on penser que les 15 millions de retraités que compte notre pays n’aient plus un rôle social à jouer ?

Comment pourrait-on accepter que ces 15 millions de retraités fassent l’objet de nombreuses attaques sociales et fiscales, et qu’ils subissent une baisse continue de leur pouvoir d’achat, sans réagir ?

Comment pourrait-on penser que l’ensemble des retraités que compte notre pays n’aient pas d’avis à donner sur l’adaptation de notre société au troisième et quatrième âge et sur le développement de services publics de qualité qui doivent accompagner le vieillissement de notre société ?

Quand je repense à cette retraitée du week-end dernier, il est vrai qu’à sa naissance, la retraite apparaissait comme une vaste illusion pour la majeure partie des salariés.

Mais en mettant en œuvre le programme du Conseil National de la Résistance, et en adoptant il y a presque 70 ans jour pour jour les ordonnances organisant la Sécurité Sociale, le ministre communiste et syndicaliste Ambroise Croizat a permis d’ouvrir un nouveau temps de vie pour nos 15 millions de retraités.

De tout temps, l’instauration des congés payés, le repos hebdomadaire, la réduction du temps de travail, la sécurité sociale, n’ont jamais empêché le patronat de réaliser des profits, mais le mouvement social l’a obligé à partager cette richesse avec celles et ceux qui en sont les premiers créateurs.

Ces progrès sociaux nous ont permis de vivre mieux, en meilleure santé, d’être mieux formés et plus productifs dans notre travail, et d’avoir davantage de temps à notre disposition, hors du lien de subordination patronale.

Sans nul doute le progrès social est un bien commun de l’humanité !

A cet égard, l’accord qui vient d’être conclu entre les organisations patronales et 3 organisations syndicales, sur les retraites complémentaires, est la marque d’un immense recul de société. Dans les faits, il vise à faire reculer l’âge de départ effectif à la retraite à 63 ans, même avec le taux plein, par son mécanisme de malus/bonus, alors que les pensionnés ont cotisés toute leur vie pour autre chose que ça.

Mais les mesures les plus graves pour les retraité-e-s sont sans nul doute, la sous-indexation des pensions et le décalage annuel de la revalorisation des pensions, qui diminuent directement leur pouvoir d’achat.

Et si le patronat accepte pour une fois une augmentation des cotisations, c’est à coût constant, il les financera par une baisse des cotisations accident du travail et maladie professionnelle… En tout et pour tout, l’économie globale de cet accord fait peser 90 % de l’effort sur les salariés et retraités de l’ARRCO et de l’AGIRC, alors que les profits du CAC 40 ont retrouvé leurs niveaux records d’avant la crise de 2008 !

Bref, dans cette période marquée par de multiples attaques contre l’intérêt général et dans laquelle seule la voix du patronat retient l’attention du gouvernement, il est agréable d’être parmi vous et de se retrouver toutes et tous ensemble.

Je vous souhaite une bonne séance de travail. Que vous soyez syndiqué à l’UCR, ou diffuseur de Vie Nouvelle, je tiens à vous dire, Mesdames, Messieurs que le mouvement social, associatif et politique a un immense besoin de personnes telles que vous.

Et pour vous en remercier permettez-moi de vous applaudir.

Merci !

Catégorie : Général

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