Franck BOISSIER

Conseiller municipal délégué de Montreuil-sous-bois

Pour une gauche radicale et concrète

Hommage à Léon Zyguel

FdG2

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Élu-e-s Front de Gauche et apparenté-e-s de Montreuil

C’est avec une vive émotion que les élu-e-s du groupe Front de gauche et apparentés ont appris la disparition de Léon Zyguel. Cette bien triste nouvelle survient alors que nous venons tout juste de commémorer le 70ème anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz, dans lequel Léon avait été interné.

Installé depuis plus de 50 ans à Montreuil, Léon était une personnalité attachante et remarquée de notre ville, ou il jouait un rôle actif dans la transmission de la mémoire.

Arrêté avec ses frères et sœurs en 1942 dans les Landes, à quelques kilomètres de la ligne de démarcation, puis déporté, à l’âge de 15 ans, ayant pour seul « crime » d’être juif, Léon, fut plongé dans l’enfer du système concentrationnaire et de la barbarie nazie. Il fut interné dans le camp d’Auschwitz, jusqu’en janvier 1945, date à laquelle il fut évacué du camp, et arriva au bout de 12 jours, de ce que l’historie retint sous le nom de « marche de la mort », au camp de Buchenwald.

Dans ce camp, il est accueilli et soutenu par des Résistants, des déportés, qui lui proposent de s’engager à leur côté. Léon, tout jeune homme encore, y est devenu un combattant et participe avec les prisonniers à la libération du camp de Buchenwald, le 11 avril 1945.

Il fait preuve, lors de cette action libératrice, avec les autres prisonniers d’une humanité rare, cette même humanité qu’il garda chevillée au corps tout au long de sa vie, choisissant de faire prisonnier ses geôliers, pour qu’ils soient jugés, plutôt que de faire justice eux-mêmes…

C’est cet attachement à ce que la justice soit rendue, qui le poussa à apporter un témoignage essentiel en 1997 lors du procès de Maurice Papon, étant entendu de longues heures par la Cour d’Assise de Bordeaux.

Faisant sien le serment de lutter pour que jamais une telle abomination ne se reproduise, il choisit à la libération de s’engager au côté du Parti communiste et de l’Union des Jeunesses Républicaines de France  (UJRF), ou sa rencontre avec Henri Kraszucki sera déterminante. Léon milite à l’intersyndicale du 20ème arrondissement et il participe de toutes les manifestations contre les guerres coloniales et pour l’indépendance de l’Indochine, de l’Algérie et du Vietnam. Il milite activement au côté de la Fédération Nationale des Déportés, Internés, Résistants et Patriotes (FNDIRP), dont il a été président du comité montreuillois, avant de devenir président du foyer des anciens combattants.

Tout au long de sa vie, Léon a cherché à témoigner et transmettre à la jeunesse, aux quatre coins de l’Île-de-France et à travers l’hexagone, la mémoire de la déportation, pour que « jamais plus ne surgisse la bête immonde ».

Les témoignages de Léon ont marqué des générations d’élèves, et son histoire fut portée à l’écran dans le film « LesHéritiers » en 2014, ou il jouait son propre rôle…

Pour l’ensemble de ses activités militantes, et son travail de mémoire, Léon Zyguel reçu en 2010, des mains de Simone Veil, l’insigne de Chevalier dans l’ordre national de la Légion d’honneur.

Par sa modestie, son humanité rare, sa hauteur d’esprit, sa simplicité à dire l’indicible et les valeurs qu’il défendait et incarnait, de ses engagements contre le colonialisme à son attachement farouche à défendre le progrès social, Léon a marqué l’histoire de Montreuil.

Les élu-es Front de gauche et apparentés de Montreuil s’associent aux nombreux hommages et témoignages d’amitié qui ont été rendu depuis hier soir à Léon Zyguel.

Ils présentent à Arlette sa femme, à ses enfants, ses petits-enfants, à sa famille et à ses proches leurs plus sincères condoléances et leurs adresses un message de fraternité.

Les élu-es du groupe Front de gauche et apparentés

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