Franck BOISSIER

Conseiller municipal délégué de Montreuil-sous-bois

Pour une gauche radicale et concrète

Clémentine Autain veut en finir avec le viol

Il y a quelques jours, paraissait le livre de Clémentine Autain, Un beau jour… combattre le viol.

Dans l’imaginaire collectif, le viol est souvent perçu comme une sorte d’accident, un phénomène marginal qui relève de la pulsion, du psychologique ou du pathologique, mais pas du fait culturel de la domination masculine. Pourtant, à force d’enquêtes et de chiffres qui bousculent les idées reçues, le viol commence à être appréhendé comme un réel phénomène de société qui mérite un projet ambitieux d’éducation à l’égalité et une autre façon d’organiser sa répression.

C’est pourquoi nous vous recommandons vivement le dernier livre de Clémentine Autain de la FASE – membre du Front de Gauche – « Un beau jour, combattre le viol » aux éditions Indigène, un très bon outil pour déconstruire les a priori qui contribuent à faire du viol un phénomène mal analysé et inefficacement combattu. Par exemple, beaucoup pensent que ce crime frappe en majorité des femmes dans des conditions exceptionnelles d’exposition à la violence, en s’imaginant que la concernée traversait ce soir-là une rue déserte en mini-jupe et qu’elle tombait sur un voyou aviné. Or 74% des viols sont commis par une personne connue de la victime, 25% des violeurs sont un membre de la famille, et dans 34% des cas, le viol est commis au sein du couple.
Ce système d’oppression repose sur de nombreux stéréotypes qui présentent l’homme comme un être dominant, à la sexualité irrépressible, valorisé par le pouvoir et l’agressivité, tandis que la femme serait passive, soumise aux initiatives du partenaire masculin, attirée par un comportement dominant, et que finalement « elle le chercherait un peu ». Mais le viol n’est en rien une histoire de testostérone ! C’est un acte culturel qui repose sur le mythe de la sexualité incontrôlable et conquérante de l’homme, tandis que le désir féminin reste encadré par toutes sortes de réprobation sociale.

Le viol est aussi un grand tabou. 75 000 femmes sont violées chaque année en France, mais seule une femme sur dix ose porter plainte, et seuls 2% des violeurs sont condamnés. C’est le seul crime dont la victime se sent honteuse ou coupable de l’avoir peut-être déclenché. Le parcours judiciaire est aussi très difficile car rien n’est fait pour accueillir leur parole, les professionnels étant mal formés, la justice mal adaptée et les idées reçues persistantes.

Rappelons-le donc encore :
Le viol est un crime ! Le violeur peut aussi être votre parent, votre ami ou votre mari, qui ne sont en rien autorisés à abuser de vous.

Ce n’est pas un phénomène marginal ! En France, une femme sur 10 a subi ou subira un viol ou une agression sexuelle. Il n’est provoqué ni par la tenue ni par le comportement de la victime, d’ailleurs il n’existe aucun profil de violeur ou de victime selon l’âge, l’apparence ou l’origine sociale, les coupables sont même souvent parfaitement intégrés dans la société.

Enfin, rien ne banalise un viol : même si elle a accepté de monter boire un verre, même si elle dort dans le même lit, même s’ils ont déjà échangé des caresses… au moment où elle dit non, c’est non !

Retrouvez l’interview de Clémentine Autain dans L’Humanité

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